La mise en place d’une véritable politique de protection des chiens et des chats en France est particulièrement difficile. Ainsi nous recevons de multiples témoignages de personnes dévouées qui font stériliser les chats libres, les soignent et les nourrissent. Puis un beau jour à la suite d’une rafle, la majorité des chats disparaît.

Avec 75 000 chiens et chats volés chaque année et 100 000 chiots importés illégalement, la justice a un champ d’action considérable.

A) La destination des chiens

Les chiens volés en France par des filières organisées ont plusieurs destinations :

  1. Les chiens de chasse destinés à d’autres chasseurs soit en France, mais également à destination de l’Italie ou de l’Espagne.
  2. Les chiens revendus en Europe de l’Est pour renouveler le cheptel de reproducteurs (les chiots étant ensuite revendus en France par l’intermédiaire d’animalerie).
  3. Les chiens destinés à l’expérimentation animale comme l’a reconnu la mission d’information parlementaire.

Dans tous ces cas la répression est extrêmement difficile car les propriétaires des animaux volés n’ont rien vu et ne peuvent que constater la disparition de leur animal (à de très rares exceptions près).

Donc il n’existe qu’une seule solution : exiger la transparence totale de la part des 102 laboratoires expérimentant sur les chiens et les 44 laboratoires utilisant des chats. Il n’existe malheureusement aucune autre méthode efficace permettant d’aboutir à des résultats positifs. Car depuis les deux très grosses affaires d’Agen et de l’Ariège, procureurs, juges d’instructions et enquêteurs ont parfaitement compris le message venu d’en haut : surtout enquêter pour ne rien trouver.

En réalité l’on fait semblant : bien sûr que l’on peut entendre beaucoup de témoins, réaliser beaucoup de P.V. Mais comme par hasard, rien de sérieux et d’efficace n’est réalisé. Et surtout un grand principe est mis en œuvre : ignorer les parties civiles, essayer de les endormir par des paroles lénifiantes et puis finalement conclure par un magnifique non-lieu. Car effectivement l’on n’a rien trouvé ! Mais c’est surtout parce que l’on n’a pas cherché.

Après ces 2 enquêtes concernant les vols de chiens à destination des laboratoires, comment ont réagi les trafiquants :

« En respectant la loi ? Pas du tout, cela leur aurait coûté trop cher. Il a suffi de s’adapter à de nouvelles situations et d’être un peu plus prudents. C'est-à-dire que les formalités administratives offrant toutes les apparences de la légalité vont être effectuées de façon que la plupart des DSV soient abusées. Ajoutons également un énorme contre-feu : la promesse solennelle du ministre de la Recherche Hubert Curien, le 28 janvier 1992, qui déclarait qu’à partir de 1993 les « chiens de ramassage » seraient interdits. Mais le lobby savait très bien que les ministres passent et que les promesses s’envolent. Interrogé depuis par nos soins et par écrit, le ministère de l’Agriculture reste obstinément muet sur ce point précis. D’autres part, la gigantesque entreprise de désinformation et de mystification se poursuit.

Pourquoi les ministères sont-ils incapables de répondre aux questions suivantes, simples et compréhensibles par tous les Français :

  • Combien de chiens les centres d’expérimentation utilisent-ils ?
  • Combien de chats les centres d’expérimentation utilisent-ils ?
  • Quelle est l’origine des chiens, des chats utilisés ?

Si ces centres refusent d’indiquer l’origine de leur « matériel de laboratoire », n’est-ce pas parce qu’ils continuent en grande partie de s’approvisionner en chiens et chats volés ? Les animaux sont fournis par de soi-disant éleveurs qui n’ont d’éleveurs que le nom. Il suffit de consulter les bordereaux d’expédition de Capelli quand la DSV de l’Hérault annonçait qu’il détenait 90 % de beagles. A un moment donné les beaux discours ou les tonitruantes déclarations d’intentions deviennent totalement vains ».
(Extraits du livre : « Trafiquants de chiens »)

B) Le point de vue de la mission d’information (p. 34 – 35)

« Interrogés par la mission d’information, les enseignants-vétérinaires rencontrés par celle-ci ont indiqué que les pratiques condamnables caractéristiques des années soixante-dix et du début des années quatre-vingt sont aujourd’hui extrêmement minoritaires.

Toutefois, les membres de la mission ont acquis le certitude que des approvisionnements parallèles subsistent aujourd’hui en France et que, contrairement à une idée reçue jadis vérifiée, ce sont aujourd’hui certains laboratoires publics, notamment universitaires, qui sont les plus susceptibles d’avoir recours à ces pratiques illégales. La mission souligne à cet égard la vigilance nécessaire et la responsabilité des chercheurs. En effet, il est éthologiquement prouvé que des chiens ayant appartenu à des particuliers sont socialisés ; ils répondent à l’appel et manifestent des comportements familiers évidents.

De plus, la mission se référant aux données statistiques rendues publiques par le ministère de la recherche en application de la directive européenne du 24 novembre 1986 relative à la protection des animaux utilisés à des fins expérimentales, insiste sur le fait, alors que le nombre de chiens et chats utilisés avait largement diminué depuis 1990 (de l’ordre de 30 %), une forte progression a été enregistrée depuis 1997 et que celle-ci doit être imputée essentiellement aux laboratoires publics…

…Enfin, la mission est convaincue, sans toutefois parvenir à une quantification précise, que certains vols de chiens et chats alimentent encore un approvisionnement parallèle à des fins d’expérimentation, dont la proportion a heureusement diminué récemment depuis l’intervention d’une réglementation plutôt rigoureuse.
»

C) Les départements à laboratoires

En matière de vols de chiens et de chats, seules deux enquêtes ont débouché sur lanmise en examen de voleurs et de receleurs appartenant à des réseaux organisés : la première menée par le juge DAUX d’Agen en 1988 – 1989, la deuxième menée en Ariège en 1990 – 1991. Mais si la première instruction a débouché sur 19 condamnations après quatre procès, la deuxième s’est terminée par des condamnations pour « travail clandestin » alors même que les voleurs avaient reconnu le vol. Comprenne qui voudra.

Depuis cette période l’ANTAC a fait condamner une dizaine de voleurs de chiens dont 2 en juin 2002 par le TGI de Bordeaux pour avoir volé, empoisonné des chiens de chasse...

Si quelques rares instructions ont pu être ouvertes en 15 ans dans des départements ruraux sans grandes villes universitaires et donc sans laboratoires, par contre dans certains départements le blocage complet.

La Haute Garonne et en particulier la circonscription de Saint-Gaudens sont de modèles du genre : V. R. a pu sévir 9 ans dans l’impunité totale.

L’ETAT FRANÇAIS a permis la mise en place progressive, depuis plusieurs décennies d’un système mafieux qui fonctionne remarquablement bien dans l’opacité et échappe totalement au grand public.

Les principaux mécanismes de ce système sont les suivants :

1° Les impôts payés par les contribuables de l’ETAT servent ensuite à permettre de financer :

  • certains laboratoires qui achèteraient des chiens et des chats volés,
  • certains fonctionnaires qui expérimenteraient sur ces animaux volés.

2° Les impôts départementaux ou communaux financeraient eux, soit :

  • des sociétés de capture, dont malheureusement certaines non contrôlées, alimenteraient l'expérimentation animale.
  • des fourrières, dont on ne connaît pas la destination finale des animaux.

Donc le citoyen du XXI siècle se fait habilement détrousser à tous les niveaux par la complexité et l’opacité des situations, surtout quand il ne fait pas preuve d’esprit critique. Nous sommes entrés dans des sociétés opaques où la délinquance en col blanc se développe à une vitesse exceptionnelle.

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